
Pourquoi un pacemaker peut être proposé ?
Un pacemaker, aussi appelé stimulateur cardiaque, est un appareil qui aide le cœur à battre plus vite. Il est proposé lorsque le cœur bat trop lentement et que cette lenteur provoque des symptômes, comme une grande fatigue, des malaises ou des étourdissements.
Dans certains cas, le cœur peut être trop lent par moments et trop rapide à d’autres. Le pacemaker aide alors à corriger les phases de rythme lent, tandis que d’autres traitements peuvent être utilisés pour mieux contrôler les épisodes de rythme rapide.
Les principales situations où un pacemaker peut être indiqué sont :
la dysfonction sinusale, lorsque le “chef d’orchestre” du cœur fonctionne trop lentement ;
le bloc atrioventriculaire, lorsque la conduction électrique entre les oreillettes et les ventricules est perturbée ;
certains troubles atriaux avec alternance de bradycardie et de tachycardie.
L’indication est toujours décidée au cas par cas, en fonction de vos symptômes et de votre situation médicale.
Pour mieux comprendre tout cela nous vous invitons à lire l'articles suivants : Anatomie cardiaque simplifiée
Comment se préparer avant l’intervention ?
La pose d’un pacemaker est un geste chirurgical. Une bonne préparation permet de limiter les risques et d’arriver plus sereinement le jour de l’intervention.
Le jeûne
En général, il faut être à jeun avant l’intervention. Il ne faut pas manger 6h avant l'intervention. Les boissons claires sont autorisée jusqu'à 2h de l'intervention. Sont considéré comme liquides claires :
eau,
thé ou café sans lait,
jus de pomme filtré,
boissons sucrées transparentes.
Les consignes précises vous sont données par l’équipe soignante, par écrit. Il est important de les respecter .
Les médicaments
Certains traitements doivent être adaptés avant l’intervention, en particulier les anticoagulants, car ils peuvent augmenter le risque de saignement. Les autres traitements sont souvent poursuivis, mais cela dépend de votre situation et des consignes de votre médecin.
Si vous prenez un anticoagulant ou si vous avez un doute sur un traitement, demandez confirmation avant le jour J.
La préparation de la peau
Juste avant l’intervention, l’équipe soignante vous expliquera la préparation de la zone opératoire, notamment la désinfection de la peau. Cette étape fait partie des mesures habituelles pour réduire le risque infectieux. Il est certain qu'un rasage de la zone opéré vous sera demandé.
Les examens et documents à prévoir
Un bilan sanguin peut être demandé avant la pose.
Avant votre venue, pensez à préparer :
vos examens récents s’ils vous ont été demandés ;
la liste de vos traitements ;
vos allergies connues, notamment aux antibiotiques ;
toute information utile sur votre état de santé récent, par exemple une infection, de la fièvre ou un nouveau traitement.
Si vous avez présenté une infection dans les jours précédant l’intervention, il faut le signaler à l’équipe, car la pose peut parfois être reportée.
Que se passe-t-il le jour de la pose ?
Dans notre centre, la pose d’un pacemaker se fait principalment sous anesthésie locale, avec une légère sédation. Le geste n’est pas douloureux. On peut surtout ressentir l’injection de l’anesthésique, avec une sensation de brulure transitoire.
Ensuite, si la zone est bien endormie, on sent peu de choses pendant le geste. Si vous ressentez une douleur ou une gêne, il faut le dire immédiatement à l’équipe : l’anesthésie peut être adaptée.
L’intervention dure en général environ 40 minutes, selon le type de pacemaker et la situation technique. Dans notre centre, l’hospitalisation est habituellement de deux nuits : une nuit avant l’intervention et une nuit après, afin de vérifier les résultats, limiter les risques de saignement et assurer la surveillance après la pose.
Est-ce douloureux ? Quels sont les risques ?
La pose d’un pacemaker est le plus souvent bien supportée. Après l’intervention, la douleur est en général modérée et compatible avec les activités du quotidien.
Comme tout acte chirurgical, il existe des risques, mais ils restent globalement rares. Les principaux sont :
l’infection du boîtier ou des sondes ;
l’hématome autour du pacemaker ;
le déplacement d’une sonde dans les jours qui suivent la pose ;
le saignement autour du cœur, complication rare.
En cas d’infection du matériel, une prise en charge spécifique est nécessaire. C’est l’une des raisons pour lesquelles il faut surveiller la cicatrice et signaler rapidement toute anomalie.
Que faut-il faire après la pose ?
La récupération est souvent simple, mais quelques précautions sont utiles pendant les premiers jours.
Le pansement et la cicatrice
Un pansement hermétique devra être conservé pendant 10 jours. Pendant cette période, les douches sont possibles. En revanche, il faut éviter de mouiller ou d’immerger la cicatrice tant qu’elle n’est pas bien fermée (contre indication à la piscine par exemple). Si le pansement se détache il faudra qu'une infirmière vous le refasse à domicile, une ordonnance vous sera donné dans ce sens.
La zone opérée doit rester propre, fermée et sans rougeur importante. Consultez si vous notez :
une rougeur marquée ;
un gonflement inhabituel ;
du pus ;
une douleur qui augmente ;
de la fièvre.
Le bras et l’épaule
Il est recommandé d’éviter les gros mouvements du bras du côté opéré pendant environ une semaine à dix jours. Cela permet de limiter le risque de déplacement des sondes et de protéger la cicatrice.
Les gestes du quotidien sont souvent possibles assez vite, sans forcer :
se lever et marcher normalement ;
reprendre du travail de bureau si l’équipe vous y autorise ;
faire ses courses ou un peu de ménage si cela ne demande pas d’effort important avec le bras opéré.
En revanche, il vaut mieux éviter les efforts violents, le port de charges lourdes et les mouvements répétés au-dessus de l’épaule opérée pendant la phase de cicatrisation.
Quand reprendre la vie normale ?
La reprise dépend de votre état général, du type d’activité et des consignes de votre médecin. Beaucoup de patients reprennent rapidement des activités simples. Pour des activités plus physiques, il faut attendre davantage et rester prudent.
La conduite n’est pas forcément interdite après la pose, mais il faut surtout être à l’aise, ne pas être gêné par la douleur.
Pour le travail :
un travail de bureau peut souvent reprendre assez tôt ;
un travail physique nécessite une évaluation plus individuelle ;
l’arrêt de travail est adapté au cas par cas.
En pratique, le plus important est de ne pas forcer trop tôt avec le bras opéré.
Qu'est-ce que je ne peux plus faire avec un pacemaker ?
Il n'y a aucune contre-indication absolue lorsque vous avez un pacemaker. Vous pouvez faire une vie tout à fait normale.
Concernant les voyages
L'avion est tout à fait possible. Vous aurez une carte permettant de passer à côté des portiques de sécurité. Ces derniers ne peuvent pas dérégler le pacemaker, mais risquent de les faire sonner.
Concernant les portiques dans les grands magasins
Là non plus, il n'y a pas de risque de dérégler le pacemaker.
Concernant les examens d'imagerie
Lorsque vous devrez passer une IRM, un réglage préalable à cet examen sera nécessaire et il faudra toujours mentionner la présence du pacemaker au médecin radiologue avant l'examen. Le scanner, quant à lui, n'est pas du tout une contre-indication. Aucun réglage n'est necessaire.
Concernant les plaques à induction
Dans notre centre, nous avons pour l'habitude de ne pas contre-indiquer ou faire remplacer les plaques à induction. Nous n'avons pas vu de problème avec les patients ayant un pacemaker et des plaques à induction. Méanmoins, si vous sentez le moindre palpitation en vous approchant de la plaque, il suffit de reculer d'un mètre.
Comment mieux vivre ce moment le jour J ?
Voici quelques repères simples pour arriver plus sereinement :
relisez les consignes de jeûne et de médicaments ;
préparez vos documents et vos examens ;
signalez toute infection récente, fièvre ou allergie ;
prévoyez des vêtements faciles à enfiler ;
demandez à l’avance ce que vous pourrez faire le jour même et les jours suivants.
Si vous avez un doute avant l’intervention, mieux vaut poser la question à l’équipe que de rester avec une inquiétude. Une bonne information aide souvent à mieux vivre le geste.
En cas de problème après la pose
En cas de douleur importante, de fièvre, de rougeur, de gonflement, d’écoulement au niveau de la cicatrice ou de tout symptôme inhabituel, il faut contacter rapidement l’équipe qui vous suit.
À Strasbourg, en cas de problème, il faut appeler les soins intensifs de la clinique RHENA ou se rendre au service d’urgence de la clinique RHENA. Ces services sont ouverts 24 h sur 24, 7 jours sur 7, avec un cardiologue de garde.
À retenir
La pose d’un pacemaker est un geste fréquent, généralement bien toléré et utile lorsque le cœur bat trop lentement ou de façon irrégulière. Une bonne préparation, le respect du jeûne, l’adaptation des médicaments et la surveillance de la cicatrice après l’intervention sont les points clés pour un bon déroulement.
En cas de question, de fièvre, de rougeur, de douleur inhabituelle ou de doute sur un traitement, il faut contacter l’équipe qui vous suit.
Information médicale
Cet article a une vocation informative et pédagogique.
Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale, un avis personnalisé ou une ordonnance.
En cas de symptôme ou de doute, consultez un professionnel de santé.